Le XVII° siècle à Haspres
 
XVI Siècle XVIII Siècle
 

Le 17° siècle débute dans une période de relative accalmie, l'Espagne gouverne toujours la région du Hainaut. D'ailleurs à cette époque comment les Haspriens vivaient ils cela ? Se croyaient ils à jamais Espagnol ? De plus la population se méfiait des Français, qui ne s'étaient pas montrés tendre lors de leurs incursions dans nos villages. Durant toute leur période d'occupation les Espagnols aimaient à rappeler aux villageois qu'en cas de victoire des troupes Françaises, les habitants seraient tous passés au fil de l'épée. Dans ces conditions la région n'était guère désireuse de redevenir Française.

Le 6 septembre 1607, le duc d'Arschot de passage au Quesnoy, loge à la prévôté. Au menu du diner : pâté de perdrix, cailles, artichauts, melon, quartiers de chevreuil, moutons, veau, moules, jambon de Mayence, tarte de "marcepain", oranges, citrons, dragées et autres "sucades", vin de Dijon et vin du Rhin.

En 1610, Henri IV désireux de reprendre les armes contre l'Autriche et l'Espagne avec l'appui des protestants, élève contre lui les catholiques. Un jour alors qu'il rend visite à son ministre Sully, Henri IV est assassiné par un exalté nommé Ravaillac.

En 1613, Pierre Flahaut, accusé de crime de sortilège s'évade de prison. Repris, il repart en prison et s'étrangle une heure plus tard.

1618 - 1648 : La guerre de trente ans

En ce début de XVII° siècle, les esprits sont encore très marqués par la lutte qui oppose catholiques et protestants. La rivalité entre la France et l'Espagne va renaître.

En 1619, construction d'un nouveau réfectoire à la prévôté.

Sur un inventaire de la prévôté réalisé en 1627, nous relevons entre autre la présence à Haspres deux bras de Saint Ranulphe et Saint Philibert.

En 1634, la France déclare la guerre à l'Espagne, de part le témoignage qui suit on comprend mieux pourquoi les Haspriens craignaient tant l'arrivée des Français.

D'après les annales de Mons : "L'année 1635 fut pour l'abbaye d'Haspres une époque de crainte et de soucis. La France, alliée à la Hollande, aurait commencé contre la maison d'Autriche une guerre atroce, inhumaine, comme l'on n'en vit pas au Moyen Age. Villes saccagées, massacres, incendies, ravages des campagnes, rien ne fut oublié par les glorieuses armées Françaises."

En 1630, un accord est conclu entre la prévôté et la communauté d'Haspres, par lequel la dite communauté cède à la prévôté quelques parties de wareschaix nommés les cingles, situées entre l'enclos de la prévôté et le prest au vivier, ainsi que deux petites ruelles allant à la rivière le long du dit prest, ce qui fait partie du bois. Cette cession permet en outre l'élévation du toit, du pan de cloitre contigu à l'église, moyennant de l'entretenir suivant l'extension du dit cloître. En échange la prévôté renonce au droit de dîme qui lui avait été adjugé peu avant par un arrêt de la cour de Mons, tant sur quelques parties de wareschaix nouvellement mises à labour, que sur les terres de la massarderie. Elle cède en outre au profit de la dite communauté, trois mencaudées environ de prest, dittes le long du prest, et un boisseau de terre pour servir d'entrée sur les terres de la massarderie. Joint à cet accord, un acte ultérieur qui sert d'éclaircissement au susdit échange, et par lequel la prévôté permet aux habitants de mettre en labour quelques nouvelles parties de marais, moyennant de jouir pendant ce temps prest ci dessus cédé à la communauté.

En 1636, le prévôt d'Haspres adresse au vicariat de Cambrai, une demande l'autorisant à obtenir une portion du cimetière pour y bâtir des murailles ainsi qu'une tour qui permettront de se mettre à l'abri en cas d'incursion de l'ennemie.

En 1637, levé d'un octroi du roi d'Espagne de 6.000 florins, pour venir en aide à la prévôté, à cours de rente, se trouvant épuisée par les guerres successives.

Haspres 1637

En 1639, Pierre Denis fermier de Maugré, Antoine de Montfort fermier de Fleury et Guillaume Carré fermier de Bongré, s'adressent à l'abbaye de Saint Waast d'Arras pour demander une réduction sur leurs rendages et fermages pour les années 1637 et 1638, au cours desquelles leurs grains, leurs récoltes et même des chevaux leur furent enlevés.

En 1647, l'armée française s'établit pendant quelques temps à Haspres et ses environs. La population souffre à nouveau de cette situation.

En 1654, après avoir mis les espagnols en déroute à Arras, Turenne entre dans le hainaut. A cette occasion une partie des maisons d'Haspres sont détruites.

La seconde partie du XVII° siècle est marquée par la reprise des combats dans la région du Hainaut. Le 14 aout 1655, l'armée de Louis XIV franchit l'Escaut à Neuville et attaque les Espagnols au mont d'Anzin. Les Espagnols après s'être retranchés dans la place de Condé se rendent à Turenne. Le traité des Pyrénées signé en 1659 entre l'Espagne et la France stoppe momentanément les hostilités. Cependant Haspres devait rester Espagnol encore quelques temps.

Haspres 1662

Louis XIV par son habilité et sa grande diplomatie rassure immédiatement le pays nouvellement conquis. Lors de ses visites dans les villes il se montre prévenant auprès de la population, la réconcialiation avec la France était en marche, l'hégémonie Espagnole était terminée.

Siège de Bouchain en 1676
Siège de Bouchain en 1676

Toutefois en octobre 1673, les habitants sont soumis aux exigences et aux mauvais traitements des troupes françaises. Des contributions de guerre sont levées, comme par exemple celle levée à Haspres le 5 avril 1674 (source Charles Laurent) : "De par le Roy, etc, les espagnols ayant exercé des actes d'hostilité sur les sujets du Roy et sur les terres de l'obédience de sa majesté le 16 octobre dernier 1673, il est ordonné à la communauté de Haspres de payer dans les 15 jours en la ville du Quesnoy la somme de 692 florins, etc, moyennant quoy il luy sera délivré une sauvegarde, et à faute de paiement de la ditte somme, les habitants de la ditte communauté seront traittez dans les dernières rigueurs de la guerre. Maubeuge le 5 avril 1674"

En 1676, Louis XIV décide de reprendre l'offensive, il attaque la place de Condé, deploie ses troupes devant Valenciennes, puis le 9 mai ordonne le siège de Bouchain. Après un déluge de bombes, le gouverneur de la ville M.Antoine Drouhot décide de rendre la place aux français le 11 mai 1676.

D'après l'histoire d'Iwuy de l'abbé Dehaisnes, "C'est à dater du 11 mai 1676, jour ou les français s'emparèrent de Bouchain, Haspres qui faisait partie de la châtellenie de cette ville redevint terre française.....".

Pendant ce temps à Haspres un plan de masse de la prévôté est exécuté (1676) en vue de gros travaux.

Au mois de février 1677 l'attaque de Valenciennes reprend. La ville en partie protégée d'ouvrages de fortifications, de palissades et de l'Escaut, rendent sa prise compliquée. Vauban conseille alors de procéder à une attaque de jour, pendant que les assiégés récupèreraient de leur nuit de veille. Le 17 mars au matin, l'assaut est donné. Les troupes françaises s'emparent rapidement des fortifications et parviennent rapidement au coeur de la ville, Valenciennes est prise !

L'abbé Dehaisne précise au sujet de cet épisode : En 1677, après la capitulation de la ville de Valenciennes et son rattachement à la France, Louis XIV aussitôt après la signature de la capitulation, quittait son camps de Famars (pour Cambrai) et couchait à Haspres le 21 mars". Haspres se trouvait encore à ce moment sur l'axe principal Valenciennes - Cambrai. La voie de communication passant par Bouchain ne sera construite qu'en 1725.

La paix est signée à Nimègue en 1678 entre la France, la Hollande et l'Espagne. Ce traité marque l'apogée de Louis XIV. Celui ci fort de ses succès, veut alors dominer le contiment, les faits qui suivront affaibliront petit à petit la France.

En 1687, les moulins à Waides (plante permettant d'obtenir la teinture bleue) ne rapportent plus rien; on ne fabrique plus de waides à Haspres ni dans les environs.

Toutefois cette fin de siècle reste tourmentée et l'insécurité règne dans nos campagnes. En 1696 le prévôt De Fontaine annule son voyage à Arras à l'occasion des festivités dédiées à Saint Vaast car il doit veiller à la sécurité de la prévôté : Les ennemis se rendent fort souvent dans nos bois et de là dans les campagnes voisines à la faveur des blès où ils se cachent en sureté, et que l'on nous a donné avis qu'ils nous cherchent.



Haspres - Genealegrand
© 2012 - Olivier LEGRAND