Le presbytère
 

En 1990, pour permettre la construction des nouveaux locaux de la poste, le vieux presbytère situé place de la liberté fut démoli. L'emplacement du presbytère primitif situé place des chênes (aujourd'hui place de la liberté) figure sur de nombreuses cartes anciennes de notre village, dont plusieurs terriers d'Haspres.

Cette maison appartenait jadis au Sieur Précourt, bailly d'Haspres, acquise par la prévôté en 1608.

Terrier de 1750

Article 91 La maison jardin et héritage du Sieur de Précour anciennement Hélie Boulenger à la prévosté de Haspres la maison du bailly dudit lieu 1619. En 1720 a été donnée par Monsieur de Cuinghienne, prévost dudit lieu, pour la résidence du presbytère et maison pastorale dudit Haspres, à Monsieur Lemaire alors curé de la paroisse, contenant trois boittellet et demie de terre sur la grande place des chesnes, rue allante à Cambrai tenant à l'article 90 que dessus et au ruisseau de la fontaine, en 1735 Monsieur Couppé curé d'Haspres, en 1739 monsieur Crudenaire curé de Haspres, en 1749 monsieur Locqueneux curé d'Haspres, en 1750 idem 1751. 1752 à la St Jean Baptiste monsieur Limelette curé dudit Haspres.

Article 114 La maison jardin et héritage du presbytère pour le curé de la paroisse dudit Haspres, dans la ville entre les ponts dudit lieu, contenant six verges de terre, tenant à l'héritage de la galère article 112 a front de rue et tenant audit héritage du mouton (1619, 1630, 1640, 1650, 1660, 1680, 1690, 1709, 1720, 1730) que Monsieur de Carondelet lors estant prevost de la prevosté dudit Haspres a accordé à titre d'arrentement pour toujours la susdite maison et héritage en toutes son contenue, à Pierre Joseph Cordier et Catherine Devillers, sa femme Marchand Grossiers audit Haspres en 1749 le susdit Cordier et Jean Josephe, sa femme nota que le presbytère est en l'article 91.

Réparation de la toiture

En 1839, le conseil municipal adresse une lettre au prefet, demandant la prompte réparation de la toiture du presbytère, sur la base d'un devis établit en 1837 par Monsieur Vallez architecte, dont la somme s'élève à 450 francs. Etant donné le faible budget de la fabrique(*) de l'église, le conseil propose de prendre la dépense à sa charge.

(*) Il existait sous l'ancien régime, dans chaque paroisse un conseil de fabrique. Celui ci est constitué d'un groupe de personnes chargé de la surveillance et l'administration des biens de l'église.

Projet de conversion du presbytère en maison d'école

Projet de 1866
Projet de 1866

En 1852, il est question de transférer le presbytère à proximité de l'église.

En octobre 1866, Monsieur Duvilliers curé d'Haspres (curé de 1863 à 1866 puis Doyen de Saint Jean Baptiste à Dunkerque) propose de transférer le presbytère dans le local de la maison commune (il s'agit sur le plan ici proposé de l'ancien batiment car la mairie que nous connaissons actuellement ne verra le jour qu'en 1895), ce qui permettrait l'établissement d'une école de garçon dans l'actuel presbytère.

Cette opération aurait l'avantage de rapprocher le curé de son église et de procurer un espace convenable pour l'installation d'une école et relativement peu couteuse pour la commune.

La nouvelle habitation du curé aurait alors pour jardin le cimetière abandonné, ce qui ne va pas sans poser de problème ! En effet l'ensemencement de plantations, la culture de fruits et légumes, ainsi que le forage d'un puit est perçu comme un manque de respect aux morts qui y sont enfuis.

La reconstruction partielle

Etat du presbytère en 1886
Etat du presbytère en 1886

Le 22 février 1886 Ernest Lestoille présente au conseil municipal, un plan et un devis dréssé par Monsieur Arthur Delvigne architecte à Cambrai pour la reconstruction partielle du presbytère et dont la dépense approximative s'élève à 5616 francs (soit 300 francs pour honoraires de l'architecte et 315 francs pour travaux). La commune n'aurait à payer que la somme de 4000 Frs payable en quatre annuités sans intêret, la différence serait payée par Monsieur Deswel curé de la paroisse d'Haspres, qui s'engage à verser cette somme à la caisse municipale, laquelle somme s'élève à 1616 francs plus l'intérêt des 4000 francs et la somme de X pour les travaux imprévus.

L'état de vetusté et de délabrement du presbytère conduisent le conseil à adopter favorablement plan et devis de reconstruction. Les travaux sont rapidement exécutés et payés en 4 annuités sur les revenus ordinaires de la commune.

Le presbytère dans un état préoccupant :

Cependant la qualité des réparations laisse à désirer ! Le 7 avril 1886, le conseil de la fabrique d'Haspres se réunit en scéance extraordinaire et déclare le dit presbytère entièrement salpêtré et presque inhabitable à cause de l'état de délabrement dans lequel il se trouve. La fabrique indique également quelle est dénuée de toute ressource et ne peut donc pas concourir à la reconstruction du presbytère.

Reconstruction partielle
Reconstruction partielle

L'architecte Delvigne note le même constat sur le devis estimatif des travaux qu'il adresse :

"Appelé par la commune d'Haspres, pour visiter l'état actuel du presbytère, nous avons reconnu : que les batiments étaient complétement salpétrés, que les maçonneries extérieures étaient en mauvais état; de même que la couverture en tuiles, toutes les menuiseries extérieures sont pourries. De façon à éviter une grande dépense à la commune, nous avons adossé la partie neuve à reconstruire à gauche du terrain, celà permettra si plus tard l'avenir le demande, la continuation du batiment. Le niveau du nouveau batiment, a été surelevé au niveau de la cuisine actuelle, afin de pouvoir faire servir la cave existante et en refaire une à la suite, ce qui n'aurait pu avoir lieu en mettant le niveau du nouveau batiment au niveau de celui actuel, à cause du niveau d'eau, la cave aurait été au trois quarts de l'année inondée. La dépense approximative s'élève à la somme de 5616 Frs.

Par mesure d'économie la gresserie, la charpente et quelques objets de menuiserie seront réutilisées dans la nouvelle construction .

1890 - Un nouveau presbytère

Un emprunt de 12 000 Francs

Afin de permettre la construction d'un nouveau presbytère, un emprunt de 12 000 Francs est contracté par la commune d'Haspres auprès de la caisse des dépôts et consignations à un taux d'interèt n'excédant pas 4,20 pour cent.

Le plan de construction du presbytère
La façade du presbytère

Lettre de la mairie adressée à Monsieur le sous préfet : "En réponse à votre lettre ci jointe du 29 mai dernier, j'ai l'honneur de vous informer que le conseil municipal verrait avec plaisir l'approbation de l'emprunt remboursable en trente années pour la construction d'un presbytère. Les raisons apportées sont la diminution des fermages (2400 Frs par an) et dont la différence devra être couverte au moyen de centimes additionnels afin de pouvoir continuer à donner aux instituteurs le supplément de traitement que la commune leur alloue depuis longtemps; l'emprunt remboursable en quinze annnées pouvant occasionner une grande diminution sur ces suppléments de traitements ou peut être la suppression totale. Permettez moi d'espérer Monsieur le Sous Préfet, que vous voudrez bien user de votre haute situation, afin d'obtenir l'autorisation de contracter un emprunt trentenaire au crédit foncier pour la construction du presbytère qui n'est même plus réparable, etc,.....

Nommination d'une commission

Les travaux sont confiés au Sieur Augustin Morisaux, entrepreneur à Avesnes les Auberts, les travaux seront surveillés et dirigés par Monsieur Roussel, architecte. Une commission chargée de la surveillance des travaux du presbytère est constituée. Cette commission aura pour mission de constater la qualité de toutes les fournitures et materiaux, elle est invitée de mentionner ses visites sur un registre disposée à cet effet et y apposer ses observations s'il y a lieu. Sont nommés Messieurs Boucly.F, Morelle.C, Laurent.C, Breucq.A, Mollet.F, Jacquemart.C et ont accepté ce mandat, ont été nommés suppléants : Messieurs Verin.JB, Jacquemart.C, Joly.C, Payen.E, Lestoille.C, Dhaussy.JL.

La reception des travaux eut lieu le 15 juin 1893.

Découverte d'une ancienne voie romaine

Durant les fouilles, un architecte de Cambrai, a fait mettre à nu, une partie de la chaussée romaine, qui allait de Famars au calvaire de Rieux. Cette chaussée, construite dans les conditions ordinaires des voies romaines, laisse voir ses quatre superpositions.

Un lieu bien entretenu

Une fresnaie assez haute à l'extrémitié du terrain dominait une magnifique cressonnière due au savoir faire le l'abbé Baert.

Construction d'une annexe

Le 21 juillet 1895, l'abbe Hazard sollicite le conseil municipal, afin d'obtenir l'autorisation de batir une annexe au presbytère pour le logement du vicaire.

Le presbytère
Le presbytère

L'abbé Hazard se chargera de tous les frais de cette batisse qui restera la propriété de la commune. La dépense pour la construction de cette annexe s'élève à 1863 Francs.

Suite aux bombardements de 1918, la plupart des édifices communaux furent fortement endommagés. L'école des garçons située alors à l'emplacement de l'actuel monument aux morts n'était plus qu'un amoncellement de gravas.

La séparation de l'église et de l'état

Avec la loi du 5 décembre 1905, concernant la séparation des églises et de l'état, la municipalité récupère la propriété du presbytère mais également la charge et l'entretien de celui-ci. Le conseil municipal convient de laisser à l'abbé Baert le presbytère qu'il occupe depuis 1890, moyennant un loyer annuel de 200 francs et décide de lui concéder pour une durée de dix huits années la jouissance gratuite de l'église.

Construction de l'école des garçons

Sur une lettre d'aout 1921 on apprend quelques précisions sur le presbytère : ...d'affecter l'ancien presbytère au logement du directeur de l'école des garçons et au logement d'adjoints. Le batiment comptant 16 chambres, caves, grenier et jardin, ce qui permettra de loger très convenablement le directeur et 2 adjoints.

Le déménagement dans le nouveau presbytère a lieu en 1924, le lundi de la passion. Un bail de neuf années est consenti, moyennant une location annuelle de 500 francs.

En 1925, l'école des garçons est reconstruite dans le jardin du presbytère (groupe scolaire Jules Ferry) par l'entreprise Tonnoir. Après les travaux de restauration, le presbytère fait office de logement de fonction pour le directeur de l'école.

Le pignon du presbytère

Le presbytère possédait de vieilles pierres, sur lesquelles étaient inscrites "Anno 1890", date de reconstruction du presbytère. Une autre pierre portait l'inscription I.H.N, et un peu plus au dessus une autre datée de 1636 aux armes de Philippe de Caverel.

En 1990, lors des travaux de démolition du presbytère les deux pierres seront descellées.

Un dernier presbytère

En 1921, la décision de reconstruite un nouveau presbytère sur une parcelle de l'ancienne école des garçons est votée par le conseil municipal.

Plusieurs prêtres vont y logger successivement jusqu'à l'abbé Malrin qui laissera vacant le presbytère en 1997.

Le presbytère
Maison des associations

Quel avenir pour le presbytère ?

Le presbytère abandonné depuis plusieurs années, il fallait donc lui trouver de nouvelles fonctions.

C'est ainsi que le projet de création d'une maison des assiociations et de deux appartements fut confié à une équipe d'insertion du village.

Le samedi 15 décembre 2007, la maison des associations est inaugurée en présence de Monsieur le Député, Monsieur le Maire d'Haspres ainsi que du Conseiller Général.



Haspres - Genealegrand
© 2012 - Olivier LEGRAND