Les Z.A.B
 
 
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Episode méconnu dans l'histoire de la Grande Guerre est celui des Zivil Arbeiter Bataillonen (Z.A.B ou bataillons de travailleurs civils) crées en octobre 1916. Ils rassemblent tous les hommes restés en zone occupée, âgés de 14 à 60 ans.

Au lendemain des batailles de la Somme et de Verdun, l'Allemagne a un important besoin de main d'oeuvre. Les allemands recrutent donc directement les ouvriers sur les territoires occupés. Dans un premier temps l'occupant fait appel au volontariat en offrant un salaire, un logement et quelques vêtements. Les candidats sont rares et les allemands réquisitionnent tous les hommes âgés de 17 à 55 ans. Ces hommes sont considérés comme prisonniers de guerre et sont astreints au travail obligatoire.

Travail Obligatoire

L'organisation des ZAB est soumise à la discipline militaire, ils forment plusieurs bataillons. Les ZAB sont employés en fonction des besoins de l'armée allemandes. Leurs conditions de vie sont particulièrement rudes et éprouvantes, proches de celle des prisonniers de guerre.

Même les malades rejoignent les rangs des ZAB, c'est le cas de Charles Lamotte en 1917, atteint de graves rhumatismes, incorporé au bataillon d'ouvriers civils stationné à Haspres.

Les ouvriers sont employés aux champs, au terrassement ou encore au creusement des tranchées. En cas de refus ou désobéissance, ils sont transférés dans des bataillons disciplinaires et casernés à proximité du front.

Les femmes subissent le même sort.

Les brassards rouges

Les ZAB portent au bras droit le signe distinctif : un brassard rouge (pour les français, jaune pour les belges et vert pour les russes) frappé du numéro de bataillon. Les ouvriers sont envoyés de force vers les camps de travaux en Allemagne.

Certaines scènes de transport de ses malheureux via des trains de marchandise, ne sont pas sans rappeler ce qu'il se passera quelques années plus tard durant la seconde guerre mondiale.

Au mois de février 1917, 30 jeunes de la commune sont réquisitionnés pour effectuer des corvées à Trith Saint Léger.

Le travail doit durer 10 jours tout au plus. Tous les quinze jours, une permission leur est accordée. Fin avril, celle-ci leur est refusée depuis que la commune a intégrée la zone des opérations militaires.

Le 22 mai, la mairie s'adresse au commandant d'Etape afin de faire revenir travailler à Haspres ses jeunes gens. Le même jour, un courrier est adressé au commandant d'Etape de Saulzoir : La commune d'Haspres compte un certain nombre d'ouvriers civils incorporés dans les bataillons de Rieux et de Saint Python. Comme il existe à Haspres un camp d'ouvriers civils, n'y aurait il pas possibilité de faire échange de ces derniers avec les civils d'Haspres travaillant au dehors ? De cette manière, les ouvriers civils pourraient recevoir régulièrement du linge et d'autres objets de nécessité, sans que le travail en souffre aucunement.

Vers une reconnaissance nationale

En mai 1926, la fédération des prisonniers civils français, entreprend une action auprès des parlementaires, députés et sénateurs, afin de défendre la cause des anciens prisonniers civils français. Des fiches de réclamation de dommages causés, sont mises à disposition des travailleurs forcés de l'occupation chez Monsieur Henri Busin, président de la fédération.

En 1927, par l'intermédiaire de son président, Monsieur Busin, la fédération des anciens prisonniers civils d'Haspres intente un procès contre l'état allemand. Les anciens prisonniers, sont invités à adresser leurs noms, adresse ainsi que le nombre de journées de travail pour les allemands et la somme réclamée à titre de réparation à raison de 200 francs par mois.

 
Haspres - Genealegrand
© 2017 - Olivier LEGRAND