Les écoles à Haspres
 

Bulle Jules BOUCLY | Bulle Robert FLAMENT | Bulle Les instituteurs

On ne saurait dire exactement à quand remonte l'enseignement scolaire à Haspres. Néanmoins déjà au temps de la prévôté l'enseignement était assuré par le clerc paroissial qui servait de maître d'école aux garçons (issus certainement de famille aisée). Sur le plan d'Haspres dressé en 1759 par le Sieur Castille, figure : L'école des filles consistant en bâtiments et un jardin tenant au cimetière.

Il est ici intéressant de rapprocher le plan de 1759 avec la miniature du Duc de Croy peinte vers 1600.

ecole de filles

Le clerc était nommé par le prévôt, le mayeur et les échevins du village. Il était chargé d'enseigner la lecture, l'écriture et les principes élémentaires de calcul, moyennant une légère rétribution.

Lors de son passage à Haspres en 1707, Fénélon archevêque de Cambrai prit en pitié la situation peu fortunée du clerc de l'église et écrit sur le sujet : "Cet humble fonctionnaire était alors très occupé pour un gain ridicule. Le règlement dit qu'il devra tenir escolle pour la jeunesse du dit lieu, depuis la sainte Remye de chaque année jusqu'au mois de juillet."

Au sommaire :

» Les débuts de l'enseignement à Haspres
» Les lois de l'enseignement
» Acquisition d'une clochette
» L'école vers 1860
» Les conditions d'admission
» L'école des filles
» L'école des garçons avant guerre
» La première guerre mondiale
» La nouvelle école des garçons
» L'école maternelle
» Une journée à l'école d'autrefois

Les débuts de l'enseignement à Haspres

Comme nous venons de le voir un peu plus haut, au temps de la prévôté un enseignement sommaire est assuré par le clerc paroissial. Celui-ci, sacristain de l'église, assure la fonction de maître d'école pour les garçons depuis "la Saint Remye de chaque année, jusqu'au mois de juillet", en échange d'une rétribution mensuelle payée par la ville de cinq sols haynaut par enfant.

On notera que le règlement stipule qu'au moment de la sortie de l'école (après midi), les élèves devront se rendent à l'église pour chanter un hymne à la Vierge.

Le 15 aout 1754, un procés concernant une émeute populaire éclate au sujet de la nomination du nouveau clerc. Celui-ci nommé par le prévot est vivement contesté à l'issue de la messe paroissiale. La contestation est menée par Charles Louis Boucly, père, Adrien et Marc Boucly, les deux fils, Pierre Joseph Lecerf dit l'housard, Philippe et Augustin Tel, Jacques Mereau et Aubert Lamotte. (SRC : 3G 3041)

Quelques noms de clerc nous sont parvenus : (SRC : C6947)

En 1634, Hubert le Grand d'Aubert était en exercice.

En 1652, Nicolas JOSSE est nommé clerc clériquant en remplacement d'Hubert décédé. Il sera nommé homme de fief sur plumes le 15 mai 1660.

En 1675, Jean COTTEAU de Cambrai, fut nommé par le prévôt Dom Jean Baptiste DE FONTAINE, en remplacement de Nicolas JOSSE.

En 1689, est nommé en remplacement de Jean COTTEAU, Nicolas MEREAU, jeune homme à marier, natif d'Haspres. Lors du passage de Fénélon en décembre 1707, on note que la fonction de maître d'école est assuré par Nicolas MEREAU, et que Soeur Jeanne VAMOUR assure la fonction de maîtresse de l'école des filles. En 1736 il fut remplacé à sa demande par son fils Nicolas François.

Les lois de l'enseignement

1795 - La loi LAKANAL : L'enseignement est organisé et devient laïque, une école primaire est instaurée dans les communes de 1000 habitants. L'enseignement sera gratuit pour une partie des indigents.

1833 - La loi GUIZOT : L'instruction primaire est libre, elle peut être privée ou publique. L'ouverture obligatoire d'une école par commune est réaffirmée.

1850 - La loi FALLOUX : Impose une école de garçons dans les communes de plus de 500 habitants et une école des filles dans les communes de plus de 800 habitants. Elle donne au curé un pouvoir de surveillance de l'instituteur.

16 juin 1881 - Jules FERRY : Cette loi fixe la gratuité de l'école primaire publique. Lors de la délibération du 5 août 1882, présidé par le maire Auguste Caullet on apprend : "qu'il existe dans la commune depuis plusieurs années une école maternelle gratuite dont l'installation actuelle repond à tous les besoins du moment."

28 mars 1882 - Jules FERRY : Cette seconde loi rend l’enseignement primaire obligatoire, public et laïc. La scolarité est ouverte aux filles comme aux garçons. Au terme de l'article 5 de la loi du 28 mars 1882, une commission scolaire municipale est instituée à Haspres. Elle à pour objectif de surveiller et encourager la fréquentation des écoles et dresser la liste de tous les enfants âgés de 6 à 13 ans. Elle est composée du Maire président, d'un des délégués du canton et des membres suivants du conseil municipal : Ambroise Mercier, L'abbé Deswel, Charles Lamand, François Boucly, Charles Morelle-Cossiaux, Charles Laurent (fils) et Domitien Bricout.

1887 : Création des écoles maternelles mixtes.

1936 : L'enseignement scolaire est obligatoire jusqu'a 14 ans.

Acquisition d'une clochette

Les registres de délibération rapportent parfois des anecdotes amusantes, comme celle du 8 mai 1846 concernant l'acquisition d'une clochette :

"Attendu qu'il est connu que les horloges placées aux différentes maisons dont les enfants sont appeler à fréquenter les différentes écoles tant communales que privées, ne s'accordent pas toujours, que de la il résulte que les élèves arrivent à des heures différentes ce qui est très préjudiciable à leur éducation."

Pour régler ce problème la commune est autorisée à acheter une clochette en cuivre d'environ trente à quarante kilogrammes pour être placée au dessus de la maison d'école et être employée à annoncer le moment fixe de l'ouverture des écoles.

L'école vers 1860

Avec la loi Guizot, l'enseignement s'ouvre à toutes les catégories sociales. La loi Falloux renforce l'enseignement primaire et exige la création d'une école de garçons et une école de filles.

L'école à Haspres est alors dirigée par les petits frères Maristes.

Il semble que jusqu'ici les relations entre la municipalité et les représentants de l'enseignement se soient bien passées. Cependant en 1860, une rivalité entre le conseil municipal et le sous préfet de Valenciennes va naître.

En effet, un rapport de l'instruction publique met en évidence la mauvaise situation des maisons d'écoles à Haspres (comme beaucoup de village du Nord !). En effet, un seul bâtiment, sans cour, ni jardin est affecté aux élèves des écoles de garçons et de filles, et à une salle d'asile. Les enfants n'ont pour préau commun, que le terrain qui donne accès à l'église et au cimetière, ainsi qu'à une ferme qui se trouve dans le fond.

Une note (nov 1860) de l'inspecteur d'académie adressée au Sous Préfet de Valenciennes montre les conditions précaires de l'école des filles :

Cette situation ne s'est pas améliorée et les froids viennent encore les rendre moins supportables. Vous trouverez ci joint une lettre que m'a remise M. l'inspecteur d'Académie et par laquelle l'institutrice se plaint de ne pouvoir faire de feu dans la classe faute de poêle.

Une pareille négligence de la part de la commune ne se comprend pas et je vous invite à vouloir bien prendre des mesures pour que les classes de l'école des filles soient, dans le plus bref délais, pourvue d'appareil de chauffage et approvisionné de charbon.....

Ainsi le 13 mars 1861, pour tenter de résoudre la situation, le maire Domitien Morelle propose deux solutions. La première consiste a ériger une nouvelle maison d'école sur un terrain de vingt quatre ares environ situé rue de la fontaine à deux cent trente sept mètre de l'église. La seconde consiste a voter des fonds supplémentaire pour l'achat d'un terrain mieux approprié à cette nouvelle construction. Toutefois ces deux propositions sont rejetées à l'unanimité par le conseil municipal.

Face à cette situation, l'inspecteur primaire de l'arrondissement demande à la Sous préfecture que l'école des garçons soit fermée.

Le 25 juin 1861, une solution intermédiaire est alors envisageable. "Monsieur Breucq, cède à la commune à titre de location pendant une année qui commencera à courir le 25 juin, une maison située à Haspres, rue de la ville, laquelle doit être affectée à l'école des garçons et au logement de l'instituteur. Cette location est consentie moyennant un fermage de deux cent cinquante francs, qui sera payé avant l'expiration du bail au Sieur Breucq sur les fonds de la commune."

Toutefois devant les difficultés imposées par le conseil municipal, le 8 octobre 1861, un arrêté de la préfecture ordonne la fermeture de l'école des garçons.

Le 17 octobre 1861, nous trouvons une intéressante lettre de l'inspection des écoles primaires indiquant : Tout a été accepté comme une nécessité nommé par Monsieur le maire et l'instituteur Mariste, reste à savoir l'effet que la mesure produira dans la commune. Le lendemain, jeudi, les frères ont dû s'installer dans la maison tenu par Monsieur Breucq; ils l'ont trouvé suffisante pour les élèves et même pour leur logement...

La conclusion donnée à la fin de cette lettre montre bien les difficultés qu'aura Domitien Morelle à faire aboutir le projet de construction d'une nouvelle maison d'école.

En effet sur cette question le conseil municipal a mis en difficulté Domitien MORELLE, mais également son successeur François LESTOILLE. Une lettre du sous préfet adressée au préfet résume parfaitement cette situation : J'ai l'honneur de vous adresser la lettre par laquelle Monsieur le maire d'Haspres rend compte de la situation. Il vous sera facile, Monsieur le Préfet de voir que ce fonctionnaire est sous la pression de la coterie dont M.CAULLET a été et est encore le chef."

Les conditions d'admission

On trouve dans les registres de délibération du conseil en date du 6 février 1868, le taux de rétribution scolaire suivant :

1° Elèves payants : 1 franc 50 par mois (12 francs à l'année)

2° Elèves indigents : gratuit

L'instituteur reçoit un traitement fixe de 540 francs, auquel s'ajoute un supplément afin d'élever son revenu au minimum de 1600 francs.

La commune verse également une indemnité à la femme chargée de diriger les travaux à l'aiguille des filles ainsi que : le chauffage et l'éclairage des classes, l'entretien de l'école, l'abonnement facultatif au moniteur de l'instruction primaire.

Il faut attirer les enfants à l'école

Le 20 mai 1882, Auguste Caullet Maire, appelle l'attention du conseil municipal sur l'opportunité qu'il y aurait à établir dans la commune une caisse des écoles (loi du 10 avril 1867). Cette caisse serait alimentée par des souscriptions particulières, par les subsistes de la commune, et par les secours du ministère de l'instruction publique, secours dont la quotité est fixée à une somme égale à celle que vote le conseil municipal jusqu'à concurrence de 300 francs.

Cette caisse a pour but d'encourager et faciliter la fréquentation de l'école en donnant des vêtements aux enfants qui en manquent, en leur fournissant les livres et le papier qu'ils ne peuvent pas acheter en récompensant le travail et la bonne conduite au moyen des livrets de caisse d'épargne et au besoin, en venant en aide aux familles nécessiteuse qui se privent du travail de leurs enfants pour les envoyer à l'école.

L'école des filles

Après la défaite de Waterloo, les Russes occupent notre région. La question de leur casernement est alors la priorité de la commune. Afin de pouvoir loger les troupes Russes, le vieux donjon de la prévôté est démoli et une caserne y est construite en 1816.

Le départ des Russes laisse le bâtiment vacant et la municipalité cherche a en tirer profit. Le bâtiment est proposé à la location. Le bail est de 9 ans s'il se divise en plusieurs lots ou de 18 années s'il se loue en totalité pour y établir une manufacture ou fabrique au choix du preneur.

En mai 1819, une partie du bâtiment est loué au Sieur Augustin Telle, marchand à Haspres. L'autre moitié du bâtiment reste vacante.

En 1828, la municipalité propose la vente du bâtiment en indiquant qu'il convient à un établissement industriel. La toiture se dégrade et doit être réparée en 1830.

La Loi Guizot, va orienter la municipalité à utiliser l'ancienne caserne comme école des filles et asile des plus petits.

l'école des filles
L'école des filles

Mademoiselle Boutemy est désignée en 1844, comme institutrice communale de l'école des filles et ce jusqu'en 1879. Mademoiselle Hermance Icher, lui succède en 1880.

A partir de 1881, les lois Jules Ferry ont pour effet d'augmenter les effectifs des classes. En 1890, par suite d'une lettre du sous préfet de Valenciennes le projet de création d'une troisième classe est mis à l'étude : "que d'après un rapport de Monsieur le directeur de l'enseignement primaire du Nord, 170 élèves de l'école primaire des filles seraient entassés dans deux classes et qu'il y aurait lieu de créer une troisième classe."

C'est dans les années 1960 qu'une nouvelle école des filles est construite : l'école Joliot Curie.

L'école des garçons avant guerre

En 1874 Haspres compte 2883 habitants. La maison d'école actuelle est insuffisante et peu convenable, il faut donc envisager la construction d'une nouvelle école. Lors de la délibération du 15 février, le vote des travaux est adopté. Le devis dressé par Maitre Dubruille architecte à Douai, s'élève à 22 000 francs pour la création de cette nouvelle école des garçons.

l'école des garçons avant la guerre
L'école des garçons en 1874

Les travaux sont exécutés par l'entrepreneur Mr Hiverneau, le maçon Mr Rémy, Mr Deregnaucourt et Dubois, Mr Caullet Maréshal. La réception des travaux ce fait en 188O.

Les plans disponibles aux Archives départementales du Nord fournissent une très belle vue de la façade de l'école des garçons, ainsi qu'une très bonne description des locaux.

L'entrée se fait par le coté gauche de l'école. Au rez de chaussée, ce trouve un vestibule faisant fonction d'accueil des élèves. Au fond un escalier permet d'accéder à l'étage supérieur. Du vestibule les élèves accèdent aux trois classes. A l'étage qui sert de logement du personnel enseignant, se trouve une cuisine avec une salle évier, un parloir, une chambre, une salle à manger et enfin un dortoir.

Le 8 novembre 1878, le maire Auguste Caullet indique que depuis la création de la nouvelle école communale des garçons, plus de 200 élèves fréquentent les classes et que les deux frères chargés de l'enseignement ne peuvent dans ces conditions faire des cours fructueux, il serait urgent de leur adjoindre un troisième frère.

Le conseil approuve cette proposition et charge Monsieur le maire de s'entendre avec Monsieur le supérieur général des frères de Marie et vote 600 francs pour le traitement annuel de cet instituteur adjoint. Mais toutefois à la condition expresse que deux frères parmi ceux qui dirigent les classes de la commune seront toujours pourvu au moins d'un brevet secondaire.

Le 16 février 1884, au terme des instructions ministérielles, les communes doivent garnir leurs écoles publiques et les appartements des instituteurs d'un mobilier personnel et scolaire jugé suffisant et indispensable. Les classes de l'école communale d'Haspres laissant beaucoup à désirer sous tous les rapports, le conseil municipal charge Monsieur Bracq négociant à Cambrai de fournir ce mobilier à l'école des garçons pour une somme de 1306 francs.

 
Ecole des garçons
 

La première guerre mondiale

L'ancienne école des garçons
L'école des garçons avant 1918

Au mois d'août 1914, les allemands arrivent à Haspres. Ils réquisitionnent l'ensemble des bâtiments communaux, les écoles ainsi que les logements des maitres (M. Sivery, Mlle Linquette et Mlle Laurent sont relogés chez l'habitant). A partir de cette période l'enseignement scolaire est fortement perturbé à Haspres.

Au lendemain de la guerre, l'école des garçons (qui comportait 3 classes) n'est plus qu'un tas de ruine et doit être démolie. L'école des filles moins touchée doit être rapidement réparée. Suite a l'état estimatif dressé par M.GORIS architecte à Denain, le conseil municipal vote un crédit de 100 000 francs.

L'école des filles est réparée en hâte, et un baraquement est construit le long du mur de celle ci, permettant aux classes de garçons, de filles et de maternelle de reprendre.

La nouvelle école des garçons

Pendant un moment il est envisagé de reconstruire l'école des garçons au lieu dit "coin du canard" (quartier tenant à la grand place, à la rue de Fleury et à la rue Gambetta). En 1920, des tractations commencent entre les propriétaires des terrains et la municipalité. Celles ci s'éternisent et devant l'urgence de la situation il faut trouver une autre solution. L'idée émise sera finalement celle qui verra le jour :

L'école des garçons actuelle
L'actuelle école des garçons

"Mise à l'étude de la construction d'écoles dans le jardin du presbytère (ancienne cure), affectation du presbytère pour logement du personnel enseignant (le directeur et ses deux adjoints), construction d'un presbytère à l'emplacement de l'ancienne première classe de l'école des garçons et emplacement du monument aux morts dans la partie du terrain comprise entre l'ancienne première classe de l'école des garçons et le bureau de poste."

Toutefois un point de blocage subsiste, celui de la subvention accordée à la commune d'Haspres par l'état. Jean Baptiste Marouzé, multiplie les démarches auprès du ministère de l'instruction publique, afin d'accélérer le dossier et d'obtenir l'accord de débuter les travaux.

Etant donné l'urgence, et l'état des locaux défectueux sous tous rapports et préjudiciables à la santé et développement intellectuel des élèves, le conseil municipal déclare "que la commune assurera entièrement la couverture financière du projet jusqu'au moment ou l'état pourra accorder et verser sa subvention et désigne le crédit foncier comme établissement préteur."

On parle à l'époque de porter la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans, la création d'une 4eme classe est également envisagée. Le projet est confié à E.MARSANG, architecte à Denain.

Fac similé de l'adjudication des travaux

La nouvelle école des garçons est donc construite dans le jardin de l'ancien presbytère. Quant au presbytère, il fait office pour quelques temps de logement du personnel enseignant. L'inauguration a lieu le 2 aout 1925 en compagnie du Sous Préfet de Valenciennes Monsieur Lachaze. Pour l'occasion un crédit de 3800 francs est voté par le conseil municipal.

Installation d'une salle de douche :

A l'époque les toilettes ne sont pas encore courantes. Ainsi l'instituteur s'emploi à enseigner quotidiennement les règles de base de l'hygiène. En 1926 la municipalité vote le projet d'installation d'une salle de douche à l'école des garçons. Le projet est confié à Monsieur Trannoy.

Le 31 mai 1928, est voté un arrêt élargissant l'usage des douches à l'ensemble de la population tous les samedis à cinq heures du soir et les dimanches de huit heures à midi, moyennant une rétribution de 1,25 francs destinée à couvrir les frais de combustible et de main d'oeuvre.

L'école des garçons devient l'école Jules Ferry

Le dimanche 5 juillet 1928, l'école des garçons est baptisée école Jules Ferry.

Ajout d'une classe et installation de comodité

En 1938, etant donné le nombre d'élève croissant, l'école des garçons devient exigue. Il est donc nécessaire d'y ajouter une nouvelle classe. Bien que de construction récente, l'école des garçons ne dispose par non plus des nouveaux aménagements prescrits dans la circulaire ministérielle à savoir des urinoirs, toillettes, lavabos, chauffage central, ainsi qu'une salle commune d'éducation physique (permettant d'y projeter des séances de cinéma ou d'y pratiquer l'enseignement scolaire collectif). Deux solutions sont proposées par l'architecte chargé de l'étude.

La fréquentation scolaire

Après la guerre, les relevés de recrutement militaires montrent de fort pourcentage de conscrit illettré. Des états de fréquentation scolaire sont alors effectués dans toute la région. Les causes d'absentéismes sont nombreuses : état sanitaire, mauvais temps, fêtes locales et surtout le travail aux champs qui réclame de la main d'oeuvre supplémentaire. Pourtant la loi du 28/03/1882 régie la question de la fréquentation des écoles. Instituteurs et Institutrices, usent de tous les moyens en leur possession en ressortant les punitions, rappels aux parents négligents, récompenses aux enfants assidus. Un article du 6 janvier 1924 paru dans l'Egalité de Roubaix Tourcoing indique la réaction ferme d'un instituteur contre les parents indifférents et négligents, en intéressant le maire et la gendarmerie à ses efforts. Il a pourchassé lui même les délinquants, si bien que le jour d'une fête locale, trois absences seulement sur 120 élèves ont été constatées.

L'école maternelle

Avec l'essor de la révolution industrielle au début du XIX° siècle, apparait dans les communes des salles d'asiles. Celles ci sont destinées à accueillir les jeunes enfants des familles ouvrières. C'est l'ancêtre de l'école maternelle.

La loi du 16 juin 1881, élève les écoles maternelles et enfantine au rang d'écoles primaires publiques donnant lieu à une dépense obligatoire. Cette disposition met à la charge de l'état les frais d'entretiens de ces établissements. Ainsi Auguste Caullet par la délibération du 5 août 1882, considérant qu'il existe depuis plusieurs années à Haspres une école maternelle gratuite, demande au conseil départemental de l'instruction publique la reconnaissance légale de l'école maternelle.

C'est en 1931, qu'est abordée la question de la construction d'une école maternelle à 3 classes, avec logement pour la directrice. Les réclamations de l'inspecteur d'académie sont alarmantes : "nombre de classe insuffisante pour le nombre d'élèves, les locaux sont dépourvus d'hygiène, de confort et d'adaptation moderne, absence de cours et d'air pour les enfants. La construction d'une nouvelle école maternelle est alors portée à l'étude du conseil municipal."

L'école maternelle
L'école maternelle

Une nouvelle école permettrait entre autre l'utilisation des 2 classes actuelles de maternelle pour une quatrième classe de l'école des filles et une salle de répétition.

Pour ce faire la municipalité envisage le rachat à l'amiable de deux terrains situés au centre du village en façade d'un bout de la rue Jules Ferry et les autres côtés en bordure des jardins le long de la digue de la Selle. La résistance d'un propriétaire, obligera la mairie à procéder à son expropriation pour cause d'utilité publique.

Le 3 juin 1932 le projet est adopté, le conseil demande aussitôt la reconnaissance du projet d'utilité publique auprès de la préfecture et de la commission départementale. Une subvention du ministère de l'instruction publique est accordée le 29 septembre 1934 avec obligation de terminer les travaux pour septembre 1936.

Toutefois le projet connait un coup d'arrêt. En effet au moment des travaux de terrassement, l'entrepreneur (CARTIGNY) constate que le terrain sur lequel sera construit l'établissement scolaire ne peut être considéré comme suffisamment ferme et nécessite des précautions spéciales. Au niveau du sol des caves, le terrain est particulièrement mauvais et composé de tourbe marneuse très humide. Une étude est alors commandée à la Maison HENNEBIQUE pour le renforcement des fondations. Le coût des travaux supplémentaires est de 29 423 Francs.

De plus conformément à la loi, la commune s'engage à pourvoir pendant 30 ans au fonctionnement de la dite école maternelle, c'est à dire à voter chaque année les sommes nécessaires à l'acquittement des dépenses : logement du personnel, gages de la femme de service, frais de chauffage et d'éclairage, acquisition, entretien et renouvellement du mobilier scolaire et du matériel d'enseignement.

Reste à régler la question du financement. Le projet est validé par le ministère de l'éducation nationale le 21 septembre 1934, qui accorde une subvention de 307.200 francs. Le conseil général alloue une subvention de 51.200 francs. En complément, le 22 janvier 1935, le conseil municipal vote un emprunt de 75.000 francs.

Finalement l'inauguration de l'école maternelle a lieu le 13 septembre 1936.

Sous l'impulsion du maire Lucien Busin, la rénovation de l'école maternelle est engagée en 1988. Le projet des Architectes P.Marchant et S.Thèret est retenu. L'inauguration à lieu le 26 février 1989.

Une journée à l'école d'autrefois

La classe fonctionne du lundi au samedi, le jeudi étant le jour de repos. Une récréation a lieu le matin, et une l'après midi. L'entrée en classe se fait au coup de cloche. Les élèves se mettent alors en rang dans la cour en attendant l'autorisation de l'instituteur(trice) pour entrer. Une fois en classe les élèves attendent l'autorisation de l'instituteur(trice) pour s'assoir, commence alors l'appel. Les absents sont consignés sur un registre.

L'école maternelle
L'école maternelle rénovée en 1988

Le mobilier de la classe se compose de tables à deux places avec banc. Le pupitre comporte une rainure pour le porte plume, le crayon, la gomme et le double décimètre, ainsi qu'un emplacement individuel pour l'encrier en porcelaine. Le papier buvard est utilisé afin d'éviter les tâches sur les cahiers. Dans la case l'élève range son ardoise, son éponge, ses livres et cahiers.

Au début du XX° siècle, le poêle est le moyen de chauffage habituel des classes. A titre d'exemple le chauffage central ne sera installé qu'à partir de 1938 à l'école des garçons.

Le bureau de l'instituteur(trice) est posé sur une estrade et domine ainsi toute la classe. Derrière se trouve un grand tableau noir, sur lequel on écrit à la craie. Sur les murs on trouve de grandes cartes de géographie et de science.

Les élèves sont revêtus d'un tablier généralement de couleur grise.

Chaque élève consigne dans le cahier du jour les faits marquants de sa journée. Celui ci est entretenu avec grand soin, les titres sont soulignés à la règle. Les élèves qui ont réussi un exercice reçoivent de l'instituteur(trice) un bon point ou une image.

A l'école les garçons et les filles sont séparés (sauf en maternelle). Le retour à la mixité s'opère dans les années 1970.

A la veille des grandes vacances, les élèves nettoient et cire leur table.

Obtenir à l'époque le certificat d'étude, était signe de grande capacité.

Enfin je terminerai cet article en rendant hommage à mes instituteurs et institutrices : Madame Moreau (maternelle), Madame Lucas (CP), Madame Dupont (CE1), Monsieur Morelle (CE2), Madame Verchère (CM1) et enfin Mademoiselle Gougec (CM2). Sans oublier mes anciens copains de classe.



Haspres - Genealegrand
© 2016 - Olivier LEGRAND