Commercants
 
Les vieux métiers Villages en 1884
 

Les derniers métiers traditionnels (charron, maréchal ferrant, bourrelier) liés à la vie rurale ont pratiquement tous disparus après la seconde guerre mondiale. Quelques uns ont toutefois tenté de s'adapter à l'époque moderne.

Toutefois notre village continue à vivre en autarcie. On trouve de tout : alimentation, boucherie, chaussures, cordonniers, marchand de cycles, quincaillerie, etc...

En 2010 le contraste est important avec les années 1980, qui sonnent le déclin des petits commerces de nos villages avec l'éclosion des grandes surfaces.

Après la seconde guerre mondiale apparait une tendance à la diminution du nombre de petits commerces de structure familiale. En 1954, les petits artisans et les commerçants représentaient 14% des actifs. La création d'un point de vente de l'union des coopérateurs de Denain, accentue la concurrence aux magasins d'alimentation. Certes les petits détaillant acceptent la vente à crédit, mais la COOP concède un rabais sur ses prix, et la succursale offre des cadeaux publicitaire à ses clients.

Le marché hebdommadaire subsiste toutefois face à cette concurrence.

L'estaminet témoin du tissu social qui lie les ouvriers, disparait peu à peu du paysage moderne. On compte 17 cafés en 1954, 3 en 2010.

En 1959, trois anciens paveurs créent une petite entreprise de travaux public (Ets SORRIAUX). Elle travaille à la construction et à la réparation des routes de la région de Denain.

Dans les années 1980, nous allions chercher la viande chez Bécart, Diseler, Abraham, le pain chez Vaillant, la crême et le fromage chez Marouzé, les chaussures chez Augustine Moreau, trois clous une vis chez la veille Colin, une laitue chez Paulette, un choux chez Givenchie, une pelote de laine ou une aiguille chez Rosa (Tassou), un pneu de velo chez Dubois, etc....

Ces petits détaillant n'ont pour toute vitrine qu'une fenêtre ordinaire de leur maison. Ces boutiques installées souvent sans aménagement dans une pièce de l'habitation semblent de nos jours désuet.

Pourtant à l'heure de l'écologie et de la taxe carbone ses commerces de proximité répondaient à la majeur partie de nos besoins, tout en gardant un aspect conviale.

Hommage à Louise Colin

Rendons hommage dans ces colonnes à Madame Louise Colin, que tout le monde surnommait affectueusement "la veille Colin", tant elle représentait le commerce de service et de proximité. En 1990, la presse régionale lui consacrait un article à l'occasion de son départ à la retraite à l'age de 93 ans !

Louise Colin dans sa boutique

Louise est née en 1897, mariée en 1920, elle déclare "J'suis dure comme un chameau tellement que j'en ai vu de toutes sortes dans ma vie. Pendant la guerre de 40, nous avons débuqués en Belgique puis à Laval." Son mari, employé aux PTT comme agent principal, savait tout faire. Après sa journée, il réparait les TSF. Louise a d'ailleurs débuté dans le commerce en vendant des postes de radio, puis du matériel électrique, des télés, puis de la quincaillerie au détail, un client voulait 3 vis, Louise vendait 3 vis, un autre voulait une livre de clous, elle pesait une livre de clous, Louise a même vendu un étouffoir à un Parisien de passage, il devait aimer les pommes de terre en robe des champs, cuites sous cette cloche en terre réfractaire.

Dès son plus jeune âge, 4 ans, elle travaillait à faire des trames pour aider sa mère, dans la cave de la maison familiale et gagnait ses premiers sous qu'elle dépensait pour se payer une paire de chaussures ou un habit, c'était dure en ce temps là.

1991 fut la dernière année d'activité de Madame Louise Marchand Colin, laissant derrière elle un grand vide.

Chez Paulette

Qui ne se souvient pas de cette petite épicerie au coin des rues Voltaire et Zola tenue par Paulette et René Gaudry.

La porte était toujours ouverte.

Lorsque l'on pénétrait à l'intérieur, les odeurs de fruits et légumes frais ainsi que les effluves de café assaillaient nos narines. La balance caractéristique de l'époque trainait sur le comptoir en bois, attendant la pesée. Paulette passait parfois derrière son rideau de plastique pour allée chercher quelques choses dans l'arrière boutique.

Paulette était très accueillante et très aimable, toujours à demander des nouvelles de la famille de ses clients.

Après sa tournée, René déposait les cagettes le long de la maison. Les jeunes enfants adoraient récupérer les élastiques de ces petits cagots pour en faire des objets de jeux.

Les meubles Georges Dhaussy :

Un article paru dans l'edition la voix du nord du dimanche 21 mars 2010 titrait "Les meubles Dhaussy à Douchy, une affaire familiale plus que centenaire." La maison sise rue Jules Boucly fut fondée en 1907 par le père de Georges Dhaussy. En 1984 s'installe à Douchy les Mines un second magasin, qui mieux situé qu'à Haspres prend peu à peu de l'ampleur. En 1988, les Dhaussy décident de cesser leur activité à Haspres. Hervé Dhaussy et son épouse prennent le relais de l'entreprise familiale.

Meubles Georges Dhaussy
 

Sources utilisées :
- Jean Quinchon, structure socio professionnelle de la population d'Haspres - 1963