La tradition du bal de classe remonte au temps ou les jeunes garçons de la commune se regroupaient en classe avant leur passage devant le conseil de révision.
En 1798, Jourdan fait voter une loi qui rend le service militaire obligatoire. Tous les hommes en âge de porter une arme doivent effectuer un service militaire d'une durée de 5 ans.
Les conscrits (personnes inscrites ensemble sur une liste), sont tirés au sort (loi de 1804). Les recrues passent alors un rapide examen médical devant le conseil de révision qui évalue leurs aptitudes. Le remplacement qui est interdit dans un premier temps, sera accepté en 1802 devant la pression de la bourgeoisie.
En 1815, devant l'impopularité de la conscription, les autorités décident de la supprimer. Elle est rétablie trois ans plus tard !
Après les guerres de l'empire, la France voit son armée réduite à neant. La loi dite Gouvion Saint Cyr de 1818, prévoit un contingent de 40.000 hommes et la durée du service militaire passe à 6 ans. Elle évolue même à huit années de service en 1829 !
Il faut attendre 1905 pour voir la fin du tirage au sort. Le service militaire devient personnel et obligatoire pour une durée de 2 ans. Toute dispense est exclue. En 1913, la durée est augmentée de 2 à 3 ans.

Chaque année, la mairie établie le recensement de tous les jeunes gens de la commune. Cette opération est l'acte fondateur de la classe. Plus tard, lorsque deux anciens conscrits se croisent, il est courant d'entendre : Salut la classe !!
Chaque année, les jeunes de la même classe se rendent au chef lieu de canton devant le conseil de révision, (de mon temps c'était les trois jours), étape préalable au service militaire, pour déterminer leur aptitude.
L'année qui précéde le passage conseil, les jeunes garçons se réunisent pour fêter leur classe. Un bal de classe est alors organisé et les fonds récoltés sont répartis entre les conscrits.
Pour l'occasion un président et une présidente sont élus.
Affublés d'oripaux et de casquettes multicolores, les jeunes conscrits défilent dans les rues du village, le plus jeune précéde le cortège avec le drapeau représentatif de sa classe.
Guy Morelle raconte : "Le cortège se rendait au café de la musique, rue Paul Vaillant Couturier, c'est là qu'avait lieu le bal de classe. On se souvient de son bal de classe comme de sa communion."
L'événement est suivi de rituels : le dernier décédé d'une classe a le droit de se faire enterrer avec le drapeau de sa classe.
Malgré l'arrêt du service militaire, la tradition continue chaque année et fait partie intégrante de notre folklore local.
Au mois de septembre, les jeunes haspriens en age d'atteindre les 18 ans, se réunissent en association afin de préparer leur bal de classe.

Ils organisent des activités et des manifestations en vue de recolter de l'argent.
Au mois d'avril, a lieu la cérémonie du bal de classe. Tous les habitants du village y sont invités. Les garçons en costumes et les filles en robes de soirée sont reçus à la mairie par Monsieur le Maire qui les remercies de perpetuer la tradition. Les couples partent ensuite en cortège vers la salle des fêtes, précédés par la fanfare et les canonniers.
Le président de la classe , après avoir prononcé son discours, ouvre le bal avec sa cavalière. Une fois les danses terminées, un vin d'honneur vient conclure la journée.
![]() |
Armand BERA - 27° Artillerie, Douai |

Sources utilisées :
- Guy Morelle
- Articles VDN
- André Lebon, Regard sur l'Ostrevant