Tissage d'hier et aujourd'hui
 

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  Monsieur Evrard Morelle, travaillant sur un rouet comme on en rencontrait beaucoup autrefois à Haspres

C'était pendant les fêtes du 14 juillet 1981, une remarquable exposition sur l'histoire du tissage d'Haspres avait été organisée. Il me reste de cette fête quelques souvenirs ainsi qu'un article découpé dans la Voix du Nord de l'époque. J'aimerai retrouvé d'autres documents sur cette exposition et sur l'activité du tissage à Haspres, alors si vous en possédé n'hésitez pas à me contacter.

Les derniers tisseurs

Monsieur Evrard Morelle cessa son activité en 1953 et continua longtemps à perpétuer la tradition. Cependant le dernier tisseur d'Haspres, fut M. François Boucly. Plusieurs articles furent écrits sur le sujet. En 1947 il n'existait plus que cinq tissage à domicile à Haspres, et ceux ci allaient peu à peu être absorbés par les trois tissages mécaniques.

L'exposition présenta un rouet, un écheveau, des bobines, des navettes, des cannettes, et une démonstration fut éxécuter par Monsieur Evrard Morelle. Une chaîne fut également présentée. Il s'agit du lin que le "mulquinier" allait chercher chez le donneur d'ouvrage pour confectionner sa pièce de toile d'une longueur de 80 à 82 mètres. Cela représentait entre 12 et 15 jours de travail pour un bon ouvrier. L'aspect social de l'existence laborieuse de ces travailleurs fut également abordé. Ils peinaient beaucoup, dix heures par jour, pour gagner peu. C'est un nommé Aimé Gosse qui, en 1890, fit prendre conscience aux tisseurs à domicile de leur condition et de la nécessité de l'action. Apparut alors le livret de compte qui appliquait des tarifs moins imprécis.

Contrairement aux autres villages du Cambrésis, les tisseurs Haspriens semblèrent toujours rester en retrait de la modernisation et ne se lancèrent pas tellement dans la grande mécanisation. Toutefois ils ont obtenus une certaine forme de revanche. Le véritable mouchoir d'Haspres de batiste et linon, tissé à la main avec roulottage sur les bords, est très recherché.

La grande crise - article de presse de 1934-1935 :

Haspres a connu jadis avec ses tisseurs en cave une réelle renommée. Dans toutes les maisonnettes, au fond des caves éclairées par une large baie, battaient les métiers sur lesquels d'habiles artisans tissaient de merveilleuses étoffes, fines batistes, linons arachnéens. L'usine à tué l'artisan.

Déjà avant la guerre (celle de 1914) deux tissages qui occupent maintenant 200 ouvriers chacun, s'étaient installés dans le pays. Les tisseurs en cave virent venir les mauvais jours. Ils étaient plusieurs centaines jadis, de vieux et adroits ouvriers, muris par l'expérience de jeunes apprentis qui, au contact des ainés, devenaient des maitres. Faute de travail, les jeunes sont allés s'employer à l'usine, les anciens sont restés fidèles à leur métier, hélas ! Les commandes ses sont tant raréfiées que l'on peut dire aujourd'hui que le tissage en cave agonise. Il restait une soixantaine de tisseurs à Haspres, quelques uns très rares, on encore un peu d'ouvrage, les autres vivotent avec de maigres économies péniblement amassées et il y en a quarante qui sont chomeurs complets, secourus.

Ils forment la moitié de l'effectif actuel des chomeurs d'Haspres, mais dès la fin de la campagne betteravière, l'effectif augmentera et pour cette modeste commune, il n'y aura pas moins de 110 sans travail à secourir.

La charge est lourde pour les finances municipales et cependant il convient de signaler les efforts que, sous l'impulsion du maire, Monsieur Jean Baptiste Marouzé, on fait pour améliorer le budget de plus grand nombre possible de chomeurs. Monsieur Jean Baptiste Marouzé s'efforce de procurer du travail, on sait qu'a ce sujet, la construction de l'école maternelle constitue un sérieux appoints, mais un autre programme de travaux est actuellement soumis à l'approbation des services departementaux. Il s'agit de l'assainissement de la commune, de l'extension du réseau d'égouts, etc. C'est une oeuvre utile qui sera vivement appréciée..."



Haspres - Genealegrand
© 2012 - Olivier LEGRAND

Sources utilisées : VDN du 11 juillet 1981